Confidences à Allah ~ Saphia Azzeddine

Résumé :

A qui parler quand on est pauvre, perdue, rejetée de sa famille ? Jbara, petite bergère des montagnes du Maghreb, parle à Allah. Il est, dans un monde qui ne voulait pas d’elle, son seul confident. Elle lui raconte sa vie, la misère, le mépris, son père ignorant et brutal qui la traite en servante, les hommes qui la traitent en objet, la découverte progressive du pouvoir de la beauté, la prostitution, la prison, le désir d’ailleurs : une vie semblable à tant de vies de femmes, aujourd’hui.

Monologue fiévreux, porté par une rage irrépressible, que la verve et l’humour rendent encore plus acérée, Confidences à Allah est un témoignage direct, cru, sur l’oppression des femmes, mais aussi, et d’abord, le portrait d’une jeune fille résolue à exister par elle-même, et qui ne se soumettra pas.

Mon avis :

Un livre assez surprenant par sa thématique et son langage.

En effet, c’est très cru, limite vulgaire (âme trop sensible s’abstenir et à ne pas donner à n’importe qui) mais cela « se justifie », cela concorde avec le milieu social de la narratrice qui en fait s’adresse tout au long du récit à Allah. On suit son parcours, rarement très heureux, mais elle n’abandonne jamais vraiment sa foi, et c’est ça le plus étonnant. Malgré tout ce que cette religion lui impose et la façon dont elle est traitée soi-disant au nom d’Allah, elle parvient à garder la foi et à reconnaître que l’homme utilise cette religion à son profit. Et pourtant on aurait pu croire que d’où elle venait, elle aurait suivi le chemin de bon nombre de femmes, et se serait simplement soumise à la volonté  de dieu, mais non, elle se révolte et ne veut pas croire que tout ce qu’on lui dit vient réellement de la volonté d’Allah.

A travers le langage, on sent malgré tout une légère évolution sociale de la narratrice, qui ne mâche pas ses mots jusqu’au bout mais qui a appris à se contenter de ce qu’elle a.

Un « dialogue » intime, plein d’ironie et pourtant d’une telle justesse !

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C’est lui qui a des pensées inavouables et c’est moi qui dois me cacher. Ça n’a pas de sens. De quel droit je deviendrais l’otage d’un homme qui ne sait pas se contrôler ? C’est à l’homme de s’éduquer, ce n’est pas à moi de me cacher.

Extrait page 142

(¯`°v°´¯)
(_.^._)

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1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. cajou
    Nov 15, 2011 @ 21:14:45

    J’ai lu ce roman en début d’année (avant la naissance de mon blog) et mon avis était assez partagé : d’un côté j’étais assez sceptique mais de l’autre côté, je l’avais lu d’une traite… Je pense que je le relirais un de ces quatres pour essayer de mettre des mots sur ce sentiment étrange au terme de cette lecture !

    Réponse

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