L’insomnie des étoiles ~ Marc Dugain

L'insomnie des étoilesRésumé :

Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l’Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d’un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l’avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s’acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu’elle lui révélera un secret autrement plus capital.se. »

Mon avis :

On en est déjà à la 40ème session du challenge, avec le mot « étoile » !

Ça faisait longtemps qu’un livre de ce challenge ne m’avait pas embarqué dans son récit. Ici le début est un peu mystérieux, l’ambiance « lourde » mais on sent l’intrigue dès les premières pages et surtout on ne devine pas la suite.

Peu à peu on va découvrir l’horreur qui s’est passé dans ce petit village. On est donc dans une sorte d’enquête policière sur fonds de Seconde Guerre mondiale … J’aime bien les livres traitant de cette période et cet aspect-ci n’avait pas encore été traité : dans l’après-guerre des officiers français étaient chargé de « rétablir » l’ordre dans certains villages allemands. Ici Louyre attend les ordres de ses supérieurs pour la suite mais en attendant ils veut résoudre cette énigme même s’il y a de nombreux autres morts …

J’ai bien aimé le style qui maintient le juste équilibre entre suspense et révélations. Une écriture très agréable.

Un mot, des titres

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La voleuse de livres ~ Markus Zusak

Résumé :La voleuse de livres

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est – ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

Mon avis :

Et voici déjà la 23ème session du challenge « Un mot, des titres » et cette fois-ci c’est le mot « livre » qui a été tiré au sort.

L’occasion pour moi de sortir de ma pile à lire, un livre qui y trainait depuis trop longtemps, et puis coïncidence, voilà qu’on en sort justement un film … (que je n’irai probablement pas voir au vu de la bande-annonce plutôt décevante) mais soit revenons à nos livres.

J’ai beaucoup aimé l’originalité de ce roman qui a pour narratrice la Mort, fallait oser et surtout il fallait maîtriser et c’est ce qui a été fait avec brio ! D’ailleurs, la Mort de ce roman a un visage très humain, ce qui détonne avec ce que l’on pourrait s’imaginer d’elle et ça, c’est très bien réalisé. Et puis surtout, elle nous donne un point de vue hors du commun de la Seconde Guerre mondiale. Finalement, la Mort intervient peu mais reste présente en toile de fond, de même que cette fameuse guerre que l’on vit du côté allemand, mais du côté du peuple qui l’a subit également. Un point de vue donc assez original et puis on s’attache à tous ces habitants de la rue Himmel (la rue du paradis, un peu ironique en ces temps de guerre), qui au départ semblent plein de défauts mais finalement ce ne sont que leur faiblesse qu’ils tentent de masquer.

Bref, j’ai adoré ce roman qui associe la Mort, la Seconde Guerre mondiale en toile de fonds et puis surtout au premier plan, l’amour des mots et des livres, comment ne pas l’aimer , ce roman ?!

Un mot, des titres

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Le ring de la mort – Jean-Jacques Greif

Le ring de la mortRésumé :

Auschwitz, 1941. L’usine à fabriquer des cadavres. Pendant quatre ans, des millions de juifs vont laisser leur vie dans les camps nazis. Quelques milliers seulement reviendront, ni sains, ni saufs, mais survivants. Moshé, dit Maurice, fait partie de ceux-là. Les insultes antisémites, sa petite taille, la fatalité, il a appris très jeune à les combattre, dans son quartier de la banlieue de Varsovie. Il est devenu boxeur.
Alors, même à Auschwitz, jusque dans Auschwitz, Maurice se bat, et il raconte la vie quotidienne de la mort, pour mieux la vaincre. Il tient tête aux kapos, il ruse, il s’adapte à tout, de tout son corps, de toute son âme. Mais il devine que la santé, la volonté, la vigilance ne suffisent pas, et que pour sortir de l’enfer, il aura besoin de beaucoup de chance.

Mon avis :

Rien de vraiment nouveau d’un point de vue historique, mais j’apprécie toujours autant les romans qui participent au devoir de mémoire, et ici, cela s’adresse aux jeunes en prime. Petit détail, on apprend à découvrir l’enfance du héros en Pologne, bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale et on découvre ainsi le point de vue des Juifs polonais.

L’auteur adopte le ton juste, il décrit l’horreur des camps, sans pudeur mais sans rendre la chose encore plus insupportable. La réalité des choses se suffit à elle-même et a d’autant plus de poids qu’elle s’inspire d’une histoire vraie, l’un des proches de l’auteur.

Ce roman n’est pas inoubliable en soi mais il a suffisamment d’attrait que pour être lu et conseillé aux jeunes pour qu’ils apprennent, sans en avoir l’air, cette page de l’Histoire.

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La mort est mon métier ~ Robert Merle

La mort est mon métierRésumé :

Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
– Le Führer, dit-il d’une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
– Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
– Vous avez l’air effaré. Pourtant, l’idée d’en finir avec les Juifs n’est pas neuve.
– Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi…

Mon avis :

En grande intéressée que je suis par la Seconde guerre mondiale, je ne pouvais pas ne pas lire cette œuvre.

D’autant plus que celle-ci se place, pour une fois, de l’autre côté, à savoir du côté des Allemands exécutants et non des prisonniers. Ce livre est impressionnant, effarant. Le « pire » de l’histoire c’est qu’on arrive à comprendre le chemin parcouru par Rudolf Lang. En effet, il subit les foudres de son père, s’engage prématurément dans l’armée où il fait preuve d’un zèle « exemplaire », il ne réfléchit pas et suit les ordres, et c’est là son erreur.

Un document de fiction mais inspiré de faits réels, très réaliste, sans verser dans le mélodramatique, peut-être à cause de la façon froide dont Rudolf traite toute la question juive. On a droit aux explications très pratiques de l’extermination, c’est horrible de se dire que des hommes on pu s’interroger sur des détails pratiques et sordides d’une telle mise en scène et appliquer aussi froidement et sans remettre en cause les ordres. Mais comme le dit le héros à la fin, même si cela ne le justifie ni ne l’excuse, ce n’est pas lui le responsable, il n’a fait qu’obéir aux ordres … N’empêche qu’il a quand même poussé le détail très loin et tout fait pour atteindre les objectifs visés. Il m’a laissé un sentiment très « neutre » et distant par rapport au récit en lui-même, mais je ne peux m’empêcher de me demander comment cela a-t-il été possible

Pour tous ceux qui sont amateurs d’Histoire, je le recommande vivement.

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Mon enfant de Berlin ~ Anne Wiazemsky

Résumé :

En septembre 1944, Claire, ambulancière à la Croix-Rouge française, se trouve à Béziers avec sa section, alors que dans quelques mois elle suivra les armées alliées dans un Berlin en ruine. Elle a vingt-sept ans, c’est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l’ignorer. Elle souhaite n’exister que par son travail depuis son entrée à la Croix-Rouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et physique, son ardeur font l’admiration de ses chefs. Ses compagnes, parfois issues de milieux sociaux différents du sien, ont oublié qu’elle est la fille d’un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l’une d’entre elles, rien de plus. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre pour la première fois de sa jeune vie. Mais à travers la guerre, sans même le savoir, c’est l’amour que Claire cherche. Elle va le trouver à Berlin.

Mon avis :

Voici un livre qui venait tout juste d’atterrir dans ma Pile à Lire mais qui n’y aura pas fait long feu grâce au challenge « Un mot, des titres ». Le mot de la 10ème session était le mot « enfant » ce qui tombait à point. Je me suis donc lancée sans tarder dans cette lecture.

C’est un peu différent de ce à quoi je m’attendais. En effet, je pensais que cela traiterait principalement du travail des infirmières de la Croix-Rouge durant la Second Guerre mondiale, eh bien pas tant que ça. Après avoir fait quelques recherches sur le livre, je me suis rendue compte qu’en fait, l’auteur raconte son histoire, ou en tout cas, celle de ses parents, de leur rencontre et de leur union plus qu’improbables. On suit le parcours de Claire qui voyage à travers la France dans son rôle d’infirmière, qui profite de la vie (ce qui devait être le propre à cette génération qui a vécu et survécu à cette guerre).

Mais au final, j’ai beaucoup apprécié ce récit, un peu particuliers puisqu’il alterne récit et lettres à travers lesquelles Claire communique avec sa famille, racontant sa vie sur le terrain. J’ai beaucoup aimé le fait que, finalement, il s’agit plus d’un mélange entre histoire d’amour, réelle, sur fond de guerre et récit « personnel », voire (auto)biographique. Ça m’a permis également de découvrir un autre aspect de la Seconde Guerre, celui du travail « d’après-guerre », celui effectué par la Croix-Rouge : les négociations avec les Soviétiques pour récupérer les prisonniers, la découverte des camps (même si elle est à peine évoquée), le tri des blessés et leur rapatriement, …

En bref, une très agréable lecture, à conseiller à ceux qui aiment les livres sur la Seconde Guerre mondiale, d’autant plus qu’ici, il s’agit du récit réel de la mère de l’auteure.

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Pitié pour le mal ~ Bernard Tirtiaux

Résumé :

Fin août 1944, une colonne disparate d’Allemands démobilisés fait étape dans une ferme de Wallonie et réquisitionne chevaux et chariots pour rentrer au pays. Révolté, Mutien, un des fils, entraîne son jeune frère Abel sur les traces du convoi pour récupérer Gaillard de Graux, un brabançon prestigieux, orgueil de la famille. Ce beau roman initiatique, où se tissent insidieusement des liens d’amitié entre ennemis, pose la question fondamentale de la faute et du pardon, et, au-delà, évoque les écueils de l’existence qui, à l’instar de Gaillard de Graux, nous conduisent sur d’autres chemins que les voies tracées d’avance.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce petit livre de cet auteur belge.

Il s’agit d’une histoire d’amitié, quasi fraternelle, de 2 frères pour un cheval, le prestigieux étalon de la famille qui a remporté de nombreux prix. L’avancée des Alliés oblige les Allemands à se replier et en manque de transports, ils réquisitionnent tous les chevaux des fermes belges. Suite à la mort de leur père, ils sont les hommes de la famille et ne supportent pas ce vol de la part des Allemands en fuite. Les deux gamins ne se résignent donc pas et décide de suivre ces voleurs pour récupérer leur cheval.

Il ne s’agit pas d’une gentille petite histoire, mais plutôt du récit de cette étrange épopée. Devenu adulte, l’un des 2 frères se souvient et essaie de reconstituer ce périple et d’analyser les actes de son frère qui vouait une véritable haine de l’Allemand, même lorsque celui-ci lui tendait la main.

J’ai trouvé très intéressant de voir la Seconde Guerre mondiale sous cet angle un peu particulier, à savoir la fuite des Allemands à travers la Wallonie, et quelle surprise de voir sa petite ville de Ittre ou encore de Braine cités dans cet ouvrage. Je m’interroge quant au côté réaliste de l’aventure, mais rien ne paraît vraiment invraisemblable.

Un petit roman sympathique qui a le mérite de faire réfléchir à certaines questions liées à la Seconde Guerre mondiale.

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Je n’absous pas les actes, bien sûr, mais j’estime qu’il faut transmettre à nos enfants la vigilance plutôt que la haine. La haine est sectaire, elle méprise, elle exclut. La vigilance est ouverte, elle est l’affaire de tous, vainqueurs comme vaincus. Elle a pour enjeu que pareilles dérives ne se reproduisent plus.

Extrait page 81

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Le non de Klara ~ Soazig Aaron

Résumé :

Ce récit se présente sous la forme d’un journal, celui d’Angélika, l’amie et belle-sœur de Klara qui revient d’Auschwitz à Paris après une déambulation à travers l’Europe en août 1945.
Le journal s’organise autour de la parole de Klara qui, jour après jour, pendant un mois, dévoile ce qu’elle a vécu.

Pas de lamentations, mais elle dit froidement, avec force et violence, sa stupeur et sa colère permanente, son incapacité à accepter les codes de la vie redevenue normale. Elle refuse de revoir sa fille de trois ans et partira, au bout d’un mois, en Amérique.

Il existe peu de récits sur le retour des déportés et leur difficile réadaptation à la vie quotidienne.

Mon avis :

On est d’abord pris au dépourvue par cette apparence indifférente même si on ne peut s’empêcher de « comprendre » ou de compatir avec cette femme revenue des camps. Et puis des bribes sortent, elle commence à dévoiler ce qu’elle a vécu presque par hasard.

Le style est parfois assez dur à suivre, difficile de suivre la pensée vagabonde de cette jeune femme allemande qui se refuse à prononcer à nouveau un mot d’allemand, sa langue maternelle associée à trop d’horreur. Et puis, peu à peu, elle retrouve une certaine humanité aux yeux du lecteur, elle commence à raconter des atrocités qui l’ont touchées, ce qui la rend plus humaine et permet de comprendre pourquoi, s’il est possible, elle réagit de la sorte. Et pourtant, l’horreur est présente jusqu’au bout, elle porte un lourd secret, qu’on pardonne assez facilement bizarrement.

En bref, c’est un court roman, condensé, et qui traite d’un autre aspect des camps de concentration : le retour à la vie « normale ». J’ai beaucoup apprécié d’avoir aussi le point de vue des proches qui ont subi la guerre et essaie de savoir ce que les prisonniers ont vécu tout en ayant difficile d’y croire …

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